Une tradition camarguaise (1)

Bonjour aux confinés et aux pas confinés ! La semaine dernière, c’était cap vers le grand nord avec Camille. Cette fois-ci, direction le sud ( on a tous déjà besoin d’une bouffée d’air frais!): on part en Camargue, avec Alexane et son grand-père qu’on se régale à écouter nous parler de sa passion pour les taureaux et les chevaux camarguais. C’est parti pour les courses camarguaises ! Et on espère vraiment que la plupart de ces fêtes pourront se tenir comme tous les ans, un peu plus tard dans la saison.

Transcription 
Jacques : J / Alexane : A

A : Bon papi (1), tu es venu à Marseille pour les fêtes de fin d’année . Mais à la base (2), tu es de Vauvert.
J : Eh oui, Vauvert, c’est à vingt kilomètres de Nîmes. C’est là où je suis né mais il y a quatre-vingt-onze ans !
A : Voilà.
J : Bon.
A : Et je sais que l’été, il y a des fêtes votives (3)
J : Ah, ça, oui ! C’est…
A : Tu peux m’expliquer ce que c’est ?
J : Comme nous sommes dans la petite Camargue, il y a donc des manades de taureaux camarguais, avec des chevaux camarguais aussi. Il y a plusieurs manades. Notre passion… et la coutume veut qu’ on organise des courses de taureaux.
A : Voilà.
J : Des courses de taureaux, mais on ne tue pas le bétail. (4)
A : Non.
J : Au contraire de la corrida.
A : Voilà.
J : Et on organise des courses camarguaises : le taureau sort, reste quinze minutes en course, il est porteur d’attributs qu’on appelle (5) : une cocarde au milieu du front, un gland à chaque oreille et des ficelles. Et bien entendu, un jeu, il faut être deux. Donc il y a le taureau et il y a une équipe d’hommes, habillés de blanc, qu’on appelle les raseteurs. Et c’est très dangereux, ils ont un crochet en main et avec ce crochet, pendant quinze minutes, c’est à celui qui (6) enlèvera le plus d’attributs qui sont, bien entendu, primés (7) par la présidence de la course. Mais le soir, les taureaux remontent dans le camion et retournent dans les pâturages. (8)
A : Voilà. Et est-ce que tu peux expliquer ce qu’est une manade ? Parce que c’est pas… c’est pas commun, quoi !
J : Ah voilà, oui, une manade. Bah oui, effectivement, une manade, c’est finalement un troupeau de vaches et de taureaux qui paissent (9) dans les pâturages des environs. Il y en a beaucoup dans la Camargue. Mais l’été, il y en a beaucoup qui paissent à quelques kilomètres de chez moi à Vauvert, dans les pâturages, dans les prés du Cailar qu’on appelle (5). Le Cailar est un village à côté de chez nous.
A : La manade, elle appartient à quelqu’un ?
J : Ah, la manade, elle appartient à différents manadiers qui sont sollicités (10) au printemps et tout l’été.
A : Pour faire les courses ?
J : Puisque après, on laisse reposer le bétail pendant tout l’hiver, ils ont le temps de reprendre un peu.
A : Eh oui. De se reposer.
J : De se reposer.
A : D’accord.
J : Parce qu’un taureau qui a couru pendant quinze minutes dans une piste, assailli par les raseteurs, mérite après trois semaines, un mois de repos avant de recourir dans une autre arène.
A : Du repos, eh oui. D’accord.
J : Actuellement, dans le sud de la France, il y a au moins cinquante ou soixante manades de taureaux.
A : Ah oui ! Il y en a beaucoup, oui, oui !
J : De différentes, toujours la race camarguaise.
A : Oui.
J : Mais faut reconnaître que certaines manades ont des taureaux beaucoup plus vaillants que d’autres et qui répondent mieux au travail qu’on leur demande dans la piste. (11)
A : Et les chevaux camarguais aussi, ils appartiennent à ces manadiers ?
J : Les chevaux camarguais aussi, ils en ont plusieurs dans l’élevage : personnellement, aux gardians et à ses… ceux qui travaillent avec lui. Il a parfois, suivant (12) l’importance de la manade, un, deux gardians avec lui, qui l’aident dans le travail du tri.
A : Eh oui.
J : Parce que les chevaux ont été dressés pour trier les taureaux. Alors le tri des taureaux, le manadier les connaît par cœur, bien qu’ils se ressemblent tous quand on les regarde dans le pâturage.
A : Mais ils ont des marques, ils ont chacun des marques.
J : Ils ont des marques ou des numéros.
A : Ah oui.
J : Qui ont été… Quand le taureau est tout jeune et qu’il a environ un an, on le capture, bien entendu c’est plus facile, il est moins dangereux. On le couche, on y (13) coupe un morceau de l’oreille, rassurez-vous, ça ne fait…
A : Il a pas mal.
J : Il a pas trop mal. Et puis, ce qui est plus douloureux pour lui, c’est qu’on le marque au fer rouge qu’on appelle (5). C’est une marque qui est chauffée, il y a un dessin, un grill, un trident, un fer de cheval.
A : C’est le symbole de la manade, quoi.
J : C’est la marque de la manade.
A : Voilà, ok.
J : Pour reconnaître le taureau, si parfois, il va dans une autre manade, on arrive à le reconnaître à la… à la marque qui a été faite quand il était jeune.
A : D’accord.
J : Parce que ce sont des taureaux qui arrivent à vivre pendant quinze ou vingt ans parfois.
A : Ah oui ! Et mais ils… Mais par exemple, pendant les courses, il y a un âge limite quand même ! Ils peuvent pas aller dans l’arène jusqu’à…
J : Oh si.
A : Si ?
J : Si le taureau a une bonne constitution (13), s’il est en bonne santé, même âgé, il peut encore aller courir.
A : Ah ouais. Mais il sera moins bon.
J : On le ménage (14) un peu, on le fait pas courir quand même trop, trop souvent. Mais encore on peut lui permettre de faire quelques bonnes courses pendant la saison taurine.
A : D’accord.
J : Qui débute en principe au printemps, de Pâques jusque (15) septembre.
A : Ah oui.
J : Voilà.

Des explications
1. papi : c’est comme ça qu’on appelle son grand-père en général
2. mais à la base : mais en fait
3. une fête votive : c’est une fête traditionnelle dans les villages pour honorer des saints censés protéger les habitants.
4. Le bétail : les vaches, les taureaux
5. qu’on appelle = comme on les appelle (familier, oral)
6. c’est à celui qui… : cela signifie que ces hommes sont en compétition = ils essaient de…
7. primer : donner un prix, récompenser
8. un pâturage : un pré
9. qui paissent : il s’agit du verbe paître. Ils broutent l’herbe dans les prés.
10. Solliciter quelqu’un : lui demander de faire quelque chose
11. la piste = l’arène. On entend plus souvent : sur la piste
12. suivant : selon, en fonction de
13. avoir une bonne constitution : avoir une bonne santé, être solide
14. ménager quelqu’un : faire attention de ne pas lui demander trop d’efforts.
15. Jusque septembre : on peut dire aussi de Pâques à septembre ou jusqu’en septembre

Pour simplement écouter :
Une tradition camarguaise 1 -France Bienvenue

Voici des liens :
<strong>Pour voir à quoi ressemble Le Cailar, petit village du Gard.
Et pour en savoir plus sur la Petite Camargue.

Et chez vous ?
– Avez-vous des fêtes traditionnelles dont vous pourriez nous parler ?
– Trouvez-vous que ces courses de taureaux sont trop cruelles, même si ce ne sont pas des corridas ?

A la semaine prochaine, pour la fin de la conversation avec Jacques.
Portez-vous bien.
Et faites plein de français, surtout si vous êtes enfermés!

Une réflexion sur “Une tradition camarguaise (1)

  1. Raymonde dit :

    Bonjour Christine, C’est le site dont je t’es parler hier. Va sur les Podcasts click et regarde si ces quelque chose qui pourrai t’être utile pour tes cours. Bises

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