A la rencontre de Nargiza (2)

La semaine dernière, vous avez découvert le parcours peu ordinaire de Nargiza qui a quitté son pays natal pour partir à la découverte du monde. Et ce faisant, elle n’a pas seulement voyagé. Elle a aussi appris à parler plusieurs langues ! Et on peut dire qu’elle est douée pour ça !

Transcription
A : Anne / R : Rémi / N : Nargiza / E : Elisa

A : Qu’est-ce que vous en dites (1), de son français?
R : Moi, je… Si elle me l’avait pas dit, je pensais pas qu’elle était venue… arrivée en France il y a si peu de temps !
A : Oui, c’est très récent, hein !
E : Mais tes parents sont toujours restés au Kazakhstan?
N : Oui. Alors, toute ma famille est là-bas. Donc je suis la seule à Marseille, et je suis là depuis cinq… six ans, oui. Donc ça fait un petit moment (2) que je suis là. J’ai quand même mon petit accent, mais j’essaye de m’améliorer tous les jours.
A : Oui, oui, ça s’entend, et vous parlez complètement couramment (3), quoi, donc…

R : Et du coup, c’est quoi, la langue la plus dure? Parce que du coup, tu parles anglais, chinois, kazakh… Kazakh, ça se dit ?
N : Oui.
R : Et russe ?
N : Et russe, oui.
R : C’est quoi, du coup, le plus dur ? Et français du coup.
N : Je pense que la langue la plus difficile, c’était le français, parce qu’on a beaucoup de conjugaisons (4). On dit souvent que le chinois est compliqué, mais c’est pas vraiment vrai, parce que en fait, là-bas, il y a pas d’alphabet. On a juste à apprendre les mots et la prononciation, donc il y a pas de temps (5), il y a pas de conjugaisons. On a juste à apprendre 3 000 mots et on parle couramment chinois.
R : C’est un symbole – un mot ?
N : C’est ça. Un symbole, c’est un mot. Et il y a des intonations et…
A : Mais c’est ça, c’est pas difficile, les intonations ? Il paraît que…
N : Les intonations pour moi, au début, c’était difficile, mais quand on pratique et on parle tous les jours avec les gens de là-bas, on commence à entendre la différence. En fait, c’est ça, ce qu’il faut faire, c’est de (6) pratiquer et pas rester dans son coin (7) et… Il faut parler.
A : Et les gens vous corrigeaient ou… ?
N : Moi, j’aime bien quand on me corrige, parce que, comme ça, je peux savoir si je fais une erreur. Donc si on me corrige, c’est bien. Mais souvent, les gens, ils osent pas de (8) dire que j’ai fait une faute, parce qu’ils trouvent ça malpoli (9), ou peut-être…
A : Oui, c’est ça. On a tendance à faire comme ça, mais c’est vrai que des fois, ça aide bien de dire : « Bah non, on dit pas comme ça. C’est mieux comme ça ».
N : Il y en a qui le prennent mal (10) parce que peut-être… Pour certains, c’est vexant (11). Mais moi, je trouve ça bien parce que comme ça, je pourrai au moins savoir si je fais une faute, et de (12) plus la faire.
A : Ok, bah c’est impressionnant, hein ! Bravo !

Des explications

  1. Qu’est-ce que vous en dites ? = Qu’est-ce que vous en pensez ? On utilise cette expression pour demander son opinion de façon plutôt familière à quelqu’un
  2. ça fait un petit moment : on emploie cette expression pour indiquer que du temps a passé. Mais cette durée est plus courte que si on disait « ça fait longtemps ».
  3. parler une langue couramment : parler une langue parfaitement, sans chercher ses mots
  4. les conjugaisons : c’est la façon dont les verbes changent en français, en fonction de la période du présent, du passé, du futur dont parle. Il y a beaucoup d’irrégularités en français, comme vous le savez ! Tous les petits Français passent beaucoup de temps à l’école primaire à apprendre toutes ces conjugaisons. (Et ça continue ensuite au collège.)
  5. les temps : ce sont les différentes formes quand on conjugue les verbes : le présent, le passé composé, l’imparfait, le futur simple, le futur antérieur, etc.
  6. ce qu’il faut faire, c’est… : on ne met pas « de » après ce début de phrase.
  7. rester dans son coin : ne pas aller vers les autres
  8. Les gens n’osent pas dire : après le verbe oser, on ne met pas « de ». On met directement l’infinitif.
  9. malpoli : impoli (Il n’y a pas de nuance particulière)
  10. le prendre mal : être contrarié, vexé par quelque chose qu’on nous dit ou qu’on nous fait. Par exemple : Quand je lui ai demandé de se taire, il l’a mal pris. Ou encore : Ne le prends pas mal mais il faut que je te dise quelque chose…
  11. vexant : qui porte un coup à notre amour-propre, qui nous froisse
  12. … de ne plus la faire : On n’emploie pas « de » ici non plus. Donc il faut dire : Je pourrai ne plus la faire.

Voici juste l’enregistrement de cette conversation :


Et vous, qu’en dites-vous ?
– Si vous parlez plusieurs langues, laquelle vous paraît la plus difficile ? Pourquoi ?
– Qu’est-ce que vous trouvez le plus compliqué en français ? La grammaire, les temps, la prononciation, l’oral par exemple ?
– Qu’est-ce qui vous aide beaucoup dans l’apprentissage d’une langue étrangère ?

Une réflexion sur “A la rencontre de Nargiza (2)

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