La vocation de Camille

Nous arrivons à la fin de l’année universitaire. Pour les étudiants qui poursuivent leurs études après leurs deux années passées à l’IUT, les possibilités sont nombreuses, dans des domaines variés : comptabilité, gestion, ressources humaines, finance. Mais Camille est attirée par une tout autre voie, qui n’a rien à voir ! C’est ce qu’elle nous explique aujourd’hui.

Transcription:
C: Camille / A: Anne

A : Bonjour, Camille.
C : Bonjour. Alors, donc, dans la petite vidéo de présentation, je vous avais dit que j’aurais voulu être professeur des écoles et c’est vrai que quand on voit comme ça, surtout les études, c’est pas forcément la filière (1) qui correspond le mieux pour faire ce métier.
A : Non, c’est sûr, hein, la gestion ! Gérer les enfants ?
C : Non. C’est pour ça. Voilà, gérer les enfants, c’est un grand métier aussi. En fait, non, c’est surtout que c’est un métier qui me plaît depuis que je suis toute petite. Et très souvent, je me suis éloignée, je me suis dis : « Non, finalement, je vais faire autre chose, peut-être qu’il y a des choses qui me plairont mieux. » Et en fait, bah au final, c’est toujours le métier vers lequel je reviens. Et je me suis lancée dans cette… ces études. Je veux absolument les finir ! Je veux avoir mon diplôme. Mais après, je sais que je finirai pas dans la gestion, dans… Pas dans la gestion comptable en tout cas. Donc c’est pour ça, je voudrais me réorienter (2) après et faire professeur des écoles.
A : Mais vous dites depuis toute petite. Vous aviez des modèles dans votre famille ?
C : Alors, j’ai…
A : Des gens que vous avez vus faire ça ? Ou c’est parce que vous admiriez vos maîtresses d’école ou… ?
C : Déjà, quand j’étais petite, quand moi j’étais à l’école… j’étais la mini prof. Donc je copiais tout ce que faisait ma professeur. J’étais son assistante. Je faisais un peu la petite chef (3) en fait, quand j’étais petite au primaire.
A : C’est fini ?
C : Oui, c’est fini ! Mais je le faisais beaucoup quand j’étais petite ! C’est pour ça que tout le monde m’a toujours dit : « Ouais, tu as un bon contact avec les enfants. Tu ferais une excellente prof. » Et quand je jouais aux poupées, bah je faisais tout le temps la maîtresse avec les élèves qui apprenaient les leçons, etc. Et dans ma famille, j’ai une cousine, bon assez éloignée, mais une cousine qui est devenue professeur des écoles. Et justement, il y a pas très longtemps, je lui ai renvoyé un message pour savoir si oui ou non, elle me conseille vraiment de me diriger dans cette voie. Et en fait, elle m’a… Bah… Elle m’a complètement déconseillé (4), en fait !
A : Vraiment !
C : Pour être honnête.
A : Eh oui ! C’est vrai que actuellement…
C : Non, mais elle m’a vraiment…
A : C’est pas très… Comment dire ? La vie de prof, ou la vie d’instit’, enfin, n’est pas toujours facile.
C : Bah c’est ça.
A : C’est ça qu’elle…
C : Oui.
A : … qu’elle constate.
C : Bah en fait, elle m’a dit…Elle m’a confirmé sur l’idée que j’avais que c’était vraiment un très beau métier, que c’était quelque chose de magnifique de pouvoir enseigner et transmettre aux enfants. Mais elle m’a aussi dit que …
A : C’était dur ?
C : C’était dur ! C’était compliqué ! Qu’il y avait toute une question, bah il faut le dire, de salaire, que c’était aussi pas forcément très, très lucratif (5) et elle m’a dit que surtout, il fallait avoir beaucoup de courage et beaucoup de patience, parce que en fait, c’est tout le côté derrière (6), tout ce qui est Education Nationale (7) qui était très compliqué à gérer et que c’est soit vraiment on a un amour fou pour les enfants et pour l’enseignement, et tant mieux si on veut faire ça, mais sinon, on va jamais s’en sortir ! (8)
A : D’accord.
C : C’est pour ça, elle m’a dit si vraiment c’est quelque chose qui me tient à cœur (9), que je veux faire, elle me… elle m’encourage à me lancer là-dedans. Mais il faut vraiment que je sois sûre parce que c’est quelque chose qui bouffe (10)… qui nous prend énormément de temps, d’énergie et qui est dur.
A : Bah oui, là, récemment, ils ont parlé à la radio, là, de cette institutrice qui s’est suicidée, tout ça, enfin, des gens qui donnent tellement dans leur métier que… enfin…
C : C’est pour ça.
A : Oui, oui ! C’est un métier effectivement pas facile, et comme vous dites, donc pas très bien payé, donc bon … Alors, bilan de la conversation (11) ?
C : Bah Bilan…
A : Qu’est-ce que vous en pensez ?
C : Je me suis renseignée en fait, pour essayer de faire un stage dans une école, dans une école primaire, donc l’école à côté de chez moi. Je vais voir pour faire un petit stage, avoir une vraie idée, en fait, de ce que c’est, de à quoi ça correspond d’être… d’être maîtresse. Et je vois en fait : si ça me plaît, je continue et si je vois qu’au final, j’ai un petit doute, je me dirige vers autre chose et je sais que j’aurai toujours la possibilité, même dans vingt ans, de passer le concours (12) et de devenir professeur des écoles, si plus tard, j’en ai toujours envie.
A : D’accord.
C : Donc ça dépend. Je sais pas encore. Pour l’instant, je continue dans ma filière, j’obtiens mon diplôme. Et après, je verrai où le vent me… (13)
A : Bon, donc, on verra si cette vocation aboutit à quelque chose. Merci Camille.
C : Merci.

Des explications :
1. une filière : une voie pour les études
2. se réorienter : changer de type d’études, changer de filière.
3. Je faisais la petite chef = je me comportais comme une chef.
4. Elle m’a déconseillé : il manque quelque chose : Elle me l’a déconseillé / Elle m’a déconseillé de devenir professeur.
5. lucratif : qui rapporte de l’argent
6. tout le côté derrière = tout ce qu’il y a derrière, en arrière-plan
7. l’Education Nationale : c’est le nom du ministère chargé de l’enseignement primaire et secondaire en France. Quand on devient professeur, on entre à l’Education Nationale.
8. s’en sortir : y arriver, réussir
9. ça me tient à coeur = c’est vraiment essentiel pour moi
10. bouffer : manger (argot)
11. bilan de la conversation ? = quelle est la décision prise ?
12. Passer le concours : pour devenir professeur des écoles, on passe un examen. Et comme il y a un nombre de places limité, on appelle ça un concours. Il faut être dans les premiers pour être sûr d’être pris.
13. Où le vent me… : la fin de cette expression serait : où le vent me mène

La vocation de Camille – France Bienvenue

Comment Camille peut-elle devenir professeur des écoles à la suite de ses études à l’IUT?
Il n’y a pas de problème puisque de toute façon, tous les candidats doivent avoir une licence (Bac + 3), n’importe laquelle. Donc il lui reste un an à faire après son DUT (Bac + 2), avant de se spécialiser vraiment dans les métiers de l’enseignement primaire et secondaire. Elle a encore le temps de décider si c’est bien sa vocation.

Bon weekend à tous !

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