Nouvelles contraintes

Après les vacances d’été, tout le monde a repris le chemin du travail. Les cours ont recommencé à l’université. Mais hélas, après trois semaines presque « normales », il a fallu s’organiser pour réduire le nombre d’étudiants sur place afin de freiner la propagation du virus. Et depuis ce weekend, de nombreux Français, jeunes et moins jeunes, sont soumis à un couvre-feu. Alexiane et Valentine, qui viennent de commencer leurs études à l’IUT, nous expliquent tout ça aujourd’hui.

Nouvelles contraintes

Transcription
V : Valentine / Al : Alexiane / A : Anne

A : Bonjour, Valentine.
V : Bonjour madame.
A : Bonjour Alexiane.
Al : Bonjour.
A : Alors, vous êtes… Bah, présentez-vous ! Dites qui vous êtes, un petit peu, tout de suite, pour commencer.
V : Je m’appelle Valentine, je suis étudiante en GEA (1) en première année. Et j’ai dix-huit ans.
Al : Je m’appelle Alexiane. Je suis étudiante aussi en GEA en première année. Et j’ai dix-huit ans aussi. J’habite à Marseille.
A : Et donc, c’est votre première année dans… à l’université, enfin, dans l’enseignement supérieur (2)?
V et Al : Oui, c’est ça.
A : Toutes les deux, vous étiez au lycée l’an dernier.
V et Al : Oui.
A : D’accord. Donc l’an dernier, vous avez déjà subi le confinement, pendant votre année de bac.
V : C’était compliqué.
A : C’était compliqué ?
V : Oui.
A : Ouais ? Comment ça s’est passé ?
V : Bah avec certains profs, ça se passait super bien, parce qu’ils nous encadraient (3), ils nous donnaient quand même des choses à faire, alors que d’autres profs, ils nous ont totalement lâchés (4). On s’est vraiment retrouvés sans rien. Sur dix matières, j’avais que trois matières.
A : Ouah ! Difficile, ça ! Pour vous, c’était pareil, Alexiane ?
Al : Pour moi, le plus difficile…
A : Vous étiez ensemble ?
Al : Non, on n’était pas ensemble. J’étais dans un autre lycée. Pour moi, le plus difficile, c’était vraiment de… d’arriver à rester motivée et à s’accrocher (5) sur chaque matière et à arriver à travailler seule, surtout. C’était ça le plus difficile.
A : Bon, donc là, on a repris à peu près normalement, presque normalement, à l’IUT. On peut vous accueillir quand même, bon, avec des contraintes, quand même. Vous pouvez expliquer, ce qu’on est obligés de faire ?
V : Bah on doit tous être séparés, on peut pas se mettre à côté de quelqu’un. On vient qu’une semaine sur deux, on doit respecter les gestes barrières (6), on doit bien porter son masque, on doit se désinfecter les mains assez souvent. Et on évite de tous se coller (7) tout le temps.
A : Et donc, bah oui, au lieu d’avoir des cours en groupe entier, vous êtes en demi-groupes. Bon, c’est bien, c’est calme, hein, en demi-groupe ! Mais…
V : C’est plus simple.
A : Oui ? C’est plus simple ? Mais comment vous vivez la semaine où vous êtes à la maison ? Comment ça… Comment vous le vivez (8) ?
Al : Moi, je trouve ça assez bien d’avoir qu’une semaine sur deux à la maison. Ça permet la semaine où on est à la maison de pouvoir ne pas avoir de trajets à faire et s’avancer sur d’autres…
A : Oui, vous venez de loin ?
Al : … devoirs. Non, mais quand même, ça prend du temps, à peu près une heure. Donc ça permet de s’avancer sur d’autres matières, etc. Et comme ça, la semaine d’après, on est plus tranquille, je trouve.
A : D’accord.
V : Oui, j’avoue…
A : Valentine, vous êtes d’accord aussi ?
V : Je suis d’accord aussi, parce que moi, je viens en voiture, du coup, ça me permet de pas mal économiser au niveau du budget de l’essence.
A : Ah oui ! Ça doit se voir (9). Vous divisez par deux, quoi, finalement !
V : Oui, au lieu de faire le plein (10) deux fois par mois, je le fais plus qu’une seule fois. Donc mon budget, il est content !
A : Eh oui, c’est sûr.
V : Après, c’est sûr que c’est compliqué de rester concentré, surtout quand il y a des élèves qui sont aussi en distanciel (11) qui perturbent (12) le cours.
A : C’est vrai ?
V : Il y en a, ils mettent de la musique, ils crient pendant le cours.
A : Ah bon !
V : On comprend pas. Oui.
A : Ah d’accord ! Parce que moi, je vous ai pas eus comme ça puisque j’étais avec des demi-groupes, donc c’est bien. Mais il y a des étudiants qui font ça cette année ?
V : Oui, il y en a.
Al : Il y en a très peu, mais oui, ça nous dérange (13).
A : Ah oui, c’est vrai ? Bon, et alors là, ça s’est un peu aggravé au niveau général, disons, puisque le Président de la République a annoncé des mesures un peu plus contraignantes. Vous pouvez expliquer un peu comment… ? Alors, d’abord, ça veut dire quoi ? Qu’est-ce qu’il nous a expliqué, ce Président ?
Al : Il nous a expliqué qu’il y avait un couvre-feu dans les plus grandes métropoles (14), il me semble, à 21 heures.
A : Oui, et donc on est concernés (15) puisqu’on est à Marseille.
Al : C’est ça.
A : Donc à partir de 21 heures, il faut être chez soi, c’est ça.
Al : C’est ça. Plus le droit de sortir, sauf autorisation, bien évidemment, pour aller travailler ou quoi.
A/Al : Mais c’est pas notre cas !
A : Et donc qu’est-ce que ça va vous empêcher de faire, alors ? Parce que c’est pour à peu près un mois, un mois et demi. On sait pas encore très bien.
V : Il avait dit quatre semaines, il me semble. Bon, si ça part (16) comme le confinement, ils avaient dit deux semaines, c’est parti sur deux mois !
A : Oui ! Bon là, on espère que c’est pas quatre mois !
V : Oui, j’espère aussi !
A : Et alors du coup, qu’est-ce qui… Quelles vont être les conséquences pour vous, dans votre vie quotidienne par exemple ?
V : Moi, personnellement, ça va pas m’empêcher de faire grand-chose, parce que le soir, je sors pas tellement, parce que la semaine, j’ai l’école et le weekend, je travaille.
A : Oui ? Ah oui !
V : Donc après 21 heures, je suis fatiguée !
Al : Moi, en semaine, généralement, je sors pas le soir, donc ça ne me dérange pas du tout. Il y a eu juste, oui, le samedi soir de temps en temps, je voyais des amis en respectant les gestes barrières et tout. Mais là, du coup, ça va plus être possible. Mais c’est… enfin, voilà, c’est pas grave (17). Je comprends la mesure.
A : Et vous avez des copains, copines qui sont beaucoup plus critiques par rapport à cette mesure ? Dans votre entourage ? Ou, je sais pas… Ou même vos parents ?
V : Des connaissances, pas des amis proches de moi, que je sais qu’ils aiment sortir, qui sortent… Tous les soirs, ils sortent, même quand il y a cours. Que là, je les vois, je rigole (18). Je me dis : « Eux, ils vont pas s’en sortir (19). »
Al : C’est ça, il y en a qui sont… ils sont très habitués à sortir. Et du coup, ça va leur faire encore un petit choc, de… d’être restreints comme ça.
A : Bah oui, parce que c’est vrai que quand on a votre âge, on aime quand même être assez libre de ce qu’on fait. On n’a pas d’attaches… enfin, je veux dire on n’a pas à s’occuper d’une famille, on n’a pas tout ça. Donc c’est vrai que ça fait une drôle d’impression quand même, sûrement, d’être obligé comme ça.

Des explications
1. GEA : Gestion des Entreprises et Administrations. C’est le nom de notre département à l’IUT.
2. L’enseignement supérieur : il s’agit des écoles et universités après le bac.
3. Encadrer des élèves : les guider, les suivre pour les aider dans leurs études.
4. Lâcher quelqu’un : ne plus s’en occuper
5. s’accrocher : ne pas abandonner, même si c’est difficile.
6. Les gestes barrières : cette expression renvoie à ce qu’il faut faire pour faire barrière à la propagation du virus. (Le lavage fréquent des mains et l’utilisation de gel hydroalcoolique, se tenir éloigné des autres, ne pas s’embrasser, ne pas se serrer la main, porter un masque qui couvre le nez et la bouche, etc.)
7. se coller : être très près les uns des autres
8. Comment vous le vivez ? = comment vous vivez cette situation ? Cette question porte sur la façon dont on ressent les choses, sur nos impressions. On peut le vivre mal, si c’est très difficile à supporter, ou le vivre bien, si on réussit à s’en accommoder.
9. Ça se voit = c’est bien visible
10. faire le plein : aller remplir le réservoir de sa voiture
11. être en distanciel : travailler à distance, à la maison, en visioconférence, au lieu de suivre les cours en présentiel, c’est-à-dire de façon classique sur place. On dit que les cours se font en distanciel.
12. Perturber un cours : empêcher le bon déroulement d’un cours. Les élèves ou les étudiants qui gênent le cours sont des perturbateurs.
13. Déranger quelqu’un : gêner quelqu’un
14. une métropole : c’est une grande ville, les banlieues et petites villes qui sont juste autour.
15. Concerner quelqu’un : s’appliquer à cette personne.
16. Si ça part comme ça : si ça se déroule de la même manière, si ça fait comme pour le confinement.
17. C’est pas grave : ce n’est pas un problème
18. rigoler : rire (familier)
19. s’en sortir : réussir à faire face à une situation difficile

Pour en savoir plus sur ce couvre-feu, tous les détails sont ici.
Amendes, dérogations, horaires, etc.

A suivre la semaine prochaine.
Nous retrouverons Alexiane et Valentine pour la fin de cette conversation.
Bonne semaine à tous!

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