On reste à la maison – Myriam

La vue de chez Myriam – Marseille, 14è arrondissement

C’est le début du weekend prolongé du 8 mai, jour férié en France. C’est aussi la dernière longueur avant le début du déconfinement, prévu à partir du 11 mai. Enfin, on espère ! Myriam nous raconte aujourd’hui ses craintes nées de cette épidémie et sa vie depuis le 16 mars mais aussi son optimisme.

On reste à la maison avec Myriam – France Bienvenue

Transcription
M : Myriam / A : Anne

A : Bonjour Myriam.
M : Bonjour Madame Ghanassia.
A : Alors, est-ce que vous allez bien, depuis l’autre jour ? Depuis hier, non, en fait !
M : Ça va très bien.
A : Oui ?
M : Et vous, comment vous allez ?
A : Bah ça va bien, hein. On s’est organisé pour faire face à ça et… bah c’est les cours qui donnaient beaucoup de travail, pour réorganiser tout pour que ce soit bien sur internet. Mais finalement, on s’habitue à tout, hein !
M : Oh oui, on s’est bien habitué, là. Là, vraiment…
A : Oui ? Comment vous aviez pris la nouvelle (1) en fait ?
M : Bah déjà au début, moi, j’y croyais pas trop. Je savais que c’était possible, le confinement, mais dans ma tête, c’était pas possible ! Et du coup, quand j’ai su la nouvelle, j’étais choquée, je me suis dit : Comment ça va se passer ? On va changer de rythme. Du coup, moi, j’essaye de m’organiser en fait, j’essaye de planifier les cours et… bah pour me garder du temps pour aider mes petits frères à leurs devoirs, me reposer, regarder la télévision.
A : Oui ? Vous avez des petits frères alors aussi ?
M : Ah oui. Donc j’ai deux petits frères. J’en ai qui a onze ans qui est au collège et l’autre, il est en primaire(2). Il est en CE2 (3). Donc du coup, eux, ils ont des devoirs. Ils sont actifs quand même. Ils sont pas… comme ça… en mode déscolarisé (4), non pas du tout. Ils sont vraiment suivis par leurs profs. Par contre, c’est un peu… un peu pesant parce que j’ai mon petit frère qui est asthmatique comme moi et qui a besoin de sortir un petit peu. Et le fait d’être enfermé, là, à la maison, c’est un peu lourd pour lui, à supporter. Ce qui m’angoisse, c’est quand les parents, ils vont sortir faire les courses. J’ai pas envie de psychoter (5), mais voilà, ça fait peur, parce qu’il y a le contact avec la foule. Les gens, ils ont pas tendance (6) à respecter la distance de sécurité, enfin plein de choses. Du coup, c’est pas du tout rassurant.
A : Oui ? Au supermarché ?
M : Oui, par exemple. Au supermarché, il y a déjà une queue vraiment horrible et en plus, les gens, ils respectent pas forcément ce qu’il faut. Donc ça met un peu les nerfs (7). C’est pas trop, trop rassurant.
A : Oui, ça fait… ça crée un peu de stress, quand même.
M : Oui, voilà. Surtout que j’essaye de… d’être optimiste, pardon, et de… enfin de le voir comme quelque chose de bon au final, parce qu’on est à la maison quand même, je veux dire on n’est pas dehors à la rue (8), on a de quoi se nourrir, de quoi se loger, une famille. Et donc j’essaye vraiment de voir le côté positif même si c’est compliqué quand même. Et voilà, je suis optimiste, je sais que ça va se terminer. Je sais pas quand mais ça va se terminer.
A : Oui, d’accord. Bah c’est bien ! Et vos parents, ils sont dans quel état d’esprit, eux ?
M : Bah quand ils sortent, ils sont pas très rassuré aussi, mais sinon, ils prennent leur mal en patience (9) en fait. Ils essayent de s’occuper, avec mes frères, de s’occuper de trouver des activités aussi, la cuisine, enfin voilà, on essaye vraiment de pas trop y penser et de s’occuper en fait. C’est vraiment ce qu’on fait tous de notre côté, que ce soit mes parents, mes frères, moi.
A : Oui, oui.
M : Voilà, on passe le temps.
A : Et vous êtes en appartement ?
M : Oui, en appartement. Il y a le balcon mais il est rempli de poussière ! C’est pas trop le top (10)pour les asthmatiques, moi et mon frère. Et voilà. Après, c’est pas trop contrôlé (11) près de chez nous. Mais voilà, on n’ose pas trop sortir sans l’attestation (12), donc… Bon après, je préfère les cours à l’IUT, le petit trajet (13) me manque, tout me manque, donc…
A : Oui, oui, on a hâte (14) de se retrouver tous ensemble, hein !
M : Ah oui, de voir les profs, de voir mes camarades de classe.
A :Bon, je vous souhaite une bonne continuation, alors, et puis on se reparle la semaine prochaine, en tout cas en cours et en attendant, profitez bien du weekend.
M : Oui. Bah écoutez merci beaucoup, vous aussi, profitez bien et reposez-vous.
A : Merci, à vous aussi. Bon après-midi. Bonne fin d’après-midi
M : Merci beaucoup à vous aussi madame.

Des explications :

1. comment vous aviez pris la nouvelle ? : = Comment aviez-vous réagi à l’annonce du confinement ?
2. En primaire = à l’école primaire
3. le CE2 : Cours Elementaire 2è année. Il s’agit du troisième niveau à l’école primaire
4. déscolarisé : qui ne suit plus les cours, qui ne va plus en classe
5. psychoter = imaginer le pire ou des dangers (familier)
6. ils ont pas tendance à… : on dit plutôt : Ils ont tendance à ne pas respecter…
7. ça met les nerfs = c’est très énervant, c’est difficile à supporter. (familier)
8. être à la rue : c’est ne pas avoir de domicile
9. prendre son mal en patience : attendre patiemment, parce qu’on sait que de toute façon, il n’y a pas d’autre solution
10. ce n’est pas le top = ce n’est pas bien / pas bon
11. ce n’est pas trop contrôlé = il n’y a pas beaucoup de contrôles de la police pour faire respecter le confinement
12. l’attestation : pour sortir, il faut avoir un motif parmi ceux prévus par la loi et imprimer ou recopier un document officiel qui indique la raison de la sortie . Ce document, (cette attestation), doit être présenté à la police en cas de contrôle.
13. Le petit trajet : Myriam n’habite pas très loin de l’IUT, donc elle a un petit trajet pour y aller.
14. Avoir hâte de faire quelque chose : être impatient de pouvoir le faire, avoir envie d’y être déjà.

Voici le lien vers l’attestation qu’il faut remplir et signer depuis mi-mars, à chaque fois qu’on veut aller faire les courses ou aller faire juste un petit tour d’une heure (pas plus !) Elle disparaît le 11 mai. Tant mieux ! Ce sera déjà ça.

En tout cas, elle a stimulé la créativité de beaucoup, qui nous ont fait rire:
« Si on m’avait dit qu’un jour, je devrais me signer un mot pour m’autoriser à sortir… »

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